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Qu’est-ce que la comptabilité en partie double ?

Lorsque l’on s’intéresse d’un peu plus près à la comptabilité, on entend très rapidement l’expression « comptabilité en partie double ».
Nos plus anciens souvenirs de cours font bien mention d’enregistrement de chaque écriture à deux endroits différents lors de la tenue de sa comptabilité. Les notions de débit et de crédit nous reviennent également à l’esprit.
Pourtant, le tout reste relativement flou, comme flottant dans une nébuleuse où chaque concept est présent, mais difficile à discerner. Faites couler un café, relaxez-vous, nous vous expliquons simplement et en détails ce qu’est la comptabilité en partie double

Comptabilité en partie double : définition

La comptabilité en partie double se distingue de ce que l’on appelle comptabilité simple en ce sens qu’elle repose sur le fait que l’enregistrement de chaque écriture comptable se fait dans deux comptes distincts(ou plus).
L’un est crédité(on ajoute le montant en question), l’autre est débité(montant négatif). 
Avant cela, les écritures n’étaient enregistrées qu’une fois. Si le procédé peut paraître plus simple, il était également source d’erreur. La disparition de ressources était alors fréquente et quasi impossible à justifier.
Les recoupements de données étaient enfin largement entravés par un système peu clair, surtout à une époque où les données n’étaient pas informatisées comme aujourd’hui, mais notées à la main dans de grands livres en papier. 

Origines de la comptabilité en partie double

Les origines de la comptabilité en partie double sont difficiles à établir. Nous l’évoquions d’ailleurs récemment dans un article dédié à l’histoire de la comptabilité.
Les historiens s’accordent cependant à dire qu’elle s’est répandue à la fin du Moyen-Âge, même si les égyptiens de l’Antiquité semblaient déjà l’utiliser. 
Il faut plutôt se rendre en Italie à la fin du XVème siècle pour commencer à en trouver des traces nettes et documentées. Luca Pacioli, moine italien et mathématicien, publie alors en effet un traité de comptabilité qui détaille le fonctionnement de la comptabilité en partie double.
Il n’en est pas l’inventeur à proprement parler, puisqu’elle était alors déjà largement utilisée par les banques italiennes. Il la théorise cependant et a largement contribué à sa popularité. 
Un peu plus tard, en 1902, le sociologue et économiste allemand Werner Sombart consacre une partie de ses travaux à la diffusion de la comptabilité en partie double. Les résultats qui découlent de ses recherchent sont publiés dans un ouvrage de référence intitulé « Le capitalisme moderne » (Der moderne Kapitalismus).
Il lui accorde alors une influence plus grande que ses prédécesseurs, allant jusqu’à la présenter comme condition nécessaire à l’émergence du capitalisme

Débit et crédit, les fondations de la comptabilité moderne

Le mot débit vient du latin debitum, ce qui est dû. En comptabilité, quelle qu’elle soit, il désigne donc logiquement une sortie d’argent. Cet argent peut par exemple être utilisé par une entreprise pour payer un fournisseur. On dit dans ce cas que l’entreprise est le débiteur de la transaction. 
Le crédit au contraire, vient de creditum, littéralement ce qui nous est confié. Toute rentrée d’argent(produit d’une vente, salaire, paiement divers) est donc un crédit.
On dit d’ailleurs qu’un compte en banque recevant de l’argent est crédité de la somme due. 
La comptabilité en partie double utilise ces deux notions complémentaires pour établir ce que l’on pourrait qualifier de comptes symétriques. Chaque opération est ainsi enregistrée sur deux comptes différents, une fois au débit et une fois au crédit. Chaque compte est conséquemment représenté par un tableau en forme de « T ».
Une ligne de titre introduit la structure (la barre horizontale du T), puis deux colonnes reçoivent les montants. La colonne de gauche est par convention assignée aux débits et la colonne de droite aux crédits. Cette structure s’applique à l’ensemble des comptes de base.
Le compte de résultat présente quant à lui les charges à gauche et les produits à droite. Enfin, le compte de bilan s’organise entre actifs (à gauche) et passifs (à droite). 

Exemple d’écriture

Prenons un exemple concret pour bien comprendre le fonctionnement de la comptabilité en partie double. Admettons que votre entreprise a besoin d’acheter un nouvel ordinateur portable pour un employé venant de rejoindre votre équipe.
Vous vous adressez à votre fournisseur habituel qui vous vend un ordinateur pour 1000€ hors taxe, c’est-à-dire 1200€ TTC. Comptablement, cela se traduit par deux opérations distinctes, qui doivent être enregistrées séparément (l’acquisition de l’ordinateur ainsi que le paiement au fournisseur).
Comme nous sommes en comptabilité en partie double, chaque opération nécessite au moins deux lignes d’écriture. Dans vos comptes, cela se traduit de la manière suivante : Journal d’achat

LibelléDébitCrédit
Achat ordinateur1000 
État, TVA déductible200 
Fournisseur 1200

Journal de banque

LibelléDébitCrédit
Fournisseur1200 
Banque 1200

 Comme vous le voyez, chaque colonne est utilisée dans chaque compte (débit et crédit) et leurs valeurs s’annulent mutuellement : la somme des crédits vaut la somme des débits. La comptabilité en partie double demande ainsi davantage d’écritures que la comptabilité simple. Elle amène cependant bien plus de précision, en permettant par exemple d’enregistrer les opérations différées dans le temps(prêts, crédits). Elle permet enfin de conserver une balance stricte entre ce que l’entreprise possède et ce qu’elle doit.

styvoo

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