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Quel est l’histoire de la comptabilité ?

Parfois décriée, souvent méconnue, la comptabilité est pourtant l’une des disciplines les plus vieilles du monde.
De mémoire d’Homme, on a en effet toujours cherché à compter, répertorier, se souvenir des mouvements passés, qu’ils soient matériels ou numériques.
Si les logiciels comptables ont remplacés les grands livres poussiéreux d’autrefois, la comptabilité a pourtant encore de beaux jours devant elle. Retour sur la petite histoire d’une grande discipline

Naissance de la comptabilité

Il est impossible de dater précisément les origines de la comptabilité. Elle semble pourtant exister depuis l’Antiquité puisque de nombreuses traces remontant à cette époque ont pu être retrouvées.
Il est de même quasiment impossible d’affirmer avec détermination quelles en sont les origines.
Chaque civilisation semble en effet avoir esquissé les premiers traits de ce qui serait plus tard appelé comptabilité. Des tablettes d’argile datées à 2000 ans avant Jésus-Christ et remontant aux sumériens portent ainsi des écritures semblant avoir eu un intérêt comptable.
La Grèce antique utilisait quant à elle les ancêtres des lettres de change et des chèques. Les romains tenaient quant à eux déjà un livre des recettes et des dépenses.
Fait encore plus étonnant, un verset coranique évoque l’obligation de conserver une trace de toute opération de crédit. Pour les classes sociales les plus instruites, l’écriture a de tout temps été un outil de mémoire, et donc un moyen de noter des mouvements financiers.
Pourtant, jusqu’au Moyen-Âge et même au-delà, les petits artisans n’étaient pas lettrés. Ils se servaient alors de marques, de signes gravés, ou encore de cordelettes sur lesquelles ils cumulaient les nœuds. 

Moyen-Âge : la comptabilité moderne apparaît

Le Moyen-Âge marque un réel tournant dans l’histoire de la comptabilité, jusqu’à l’amener vers une version se rapprochant de celle que l’on connait aujourd’hui.
C’est ainsi durant cette période que naissent les notions de débit(le debitor est alors la personne devant de l’argent) et de crédit(le creditor en est le bénéficiaire). Un peu plus tard, l’actif et le passif font à leur tour leur apparition dans le vocabulaire comptable. Le développement des échanges commerciaux de la fin du Moyen-Âge entraîne petit à petit la généralisation des paiements à crédit.
Le besoin de notifier chacune des transactions, à la fois vis-à-vis de ce que l’on gagne et dépense (compte de trésorerie) que ce que l’on prête ou vend (compte tiers), se fait alors de plus en plus pressant. En effet, à l’origine, la comptabilité n’est qu’un enregistrement unique des mouvements d’argent. On parle dans ce cas de comptabilité simple.
L’apparition du double enregistrement, ce que l’on pourrait qualifier de comptabilité moderne, a ainsi nécessité plusieurs siècles avant de se mettre en place.
La comptabilité en partie doubles’impose aujourd’hui internationalement et, a priori, durablement. L’Italie régnant alors sur ce commerce européen en plein essor, il n’est pas surprenant de constater que l’un des pères de la comptabilité moderne est italien.
En effet, en 1494, Luca Pacioli publie une encyclopédie sur les sciences mathématiques qui marque un tournant important dans cet historique. Il y dédie en effet une partie à l’explication du système comptable. Il porte alors un intérêt tout particulier à la comptabilité en partie double. Cette vision de la comptabilité reste aujourd’hui fondamentale. 

Comptabilité moderne : bilan, grand livre et autres notions clés

Dès le XVIIème siècle, des notions clés que l’on utilise encore très largement font leur apparition. C’est ainsi que le journal (enregistrement chronologique des écritures) et le Grand Livre font leur apparition. C’est alors que naissent également les premiers grands bilans annuels. En plus du bilan, un compte de pertes et profits est également tenu et établi pour chaque année civile.
Si le terme a disparu, il est cependant toujours utilisé, sous le nom désormais de compte de résultats. Au cours de la deuxième guerre mondiale est établit le tout premier plan comptable général, souvent évoqué par son acronyme PCG. L’Occupation allemande provoque une pénurie de biens.
Le Gouvernement de Vichy décide alors de mettre en place une économie dirigée et normalisée. Le PCG a ainsi pour vocation d’établir des règles comptables strictes, applicables à l’ensemble des entreprises établies en France.
Il est tout d’abord géré par le Conseil National de la Comptabilité, devenu depuis l’Autorité des normes comptables. Le PCG est depuis très régulièrement révisé. Les aléas géopolitiques le modifient d’ailleurs parfois profondément, au gré des périodes de réforme et alignements sur la législation européenne ou internationale. 

Histoire de la comptabilité moderne : vers quoi nous dirigeons-nous ?

Il est bien loin le temps où l’on gravait nos dépenses sur des tablettes d’argile ou entaillait des morceaux de bois. Il est loin également celui où les grands livres ressemblaient davantage à des grimoires de sorcières qu’à des comptes propres et faciles à analyser.
Aujourd’hui les exercices comptables ne sont au contraire qu’une succession de 0 et de 1 savamment organisés au sein d’un logiciel comptable. Tout n’est cependant pas encore informatisé ou automatisé.
Des critiques ont d’ailleurs fait suite à l’éclatement de la bulle financière en 2002, basées sur le manque de transparence de la comptabilité de nombreuses multinationales.
La complexité des opérations hors-bilan est également pointée du doigt puisque rendant le système opaque, même pour certains professionnels du segment. Les experts-comptables n’ont donc pas de souci à se faire. Les meilleurs analystes de la comptabilité d’entreprise ont encore de très beaux jours devant eux et sont loin de pouvoir être remplacés.
Leur esprit d’analyse, allié à l’utilisation d’un logiciel comptable adapté à l’entreprise, est sans doute la meilleure arme pour un bilan comptable propre et reflétant la réalité de la santé financière d’une entreprise.

styvoo

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